L’article en bref
Le vermouth artisanal est un vin fortifié aux plantes aromatiques, titrant entre 14,5 et 22% d’alcool.
- Trois grandes familles : Extra Dry (moins de 40 g de sucre/L), Bianco (100-150 g) et Rosso (plus de 150 g), offrant des profils gustatifs radicalement différents
- Origines prestigieuses : né à Turin en 1786 grâce à Antonio Benedetto Carpano, puis développé en France avec les appellations protégées de Chambéry et les vins blancs du Languedoc
- Fabrication artisanale : vins neutres vieillis 2-3 ans, fortifiés à 18%, aromatisés avec jusqu’à 30 ingrédients (coriandre, orange amère, cannelle), puis affinés 5-6 mois en fût
- Dégustation optimale : conserver au réfrigérateur après ouverture, consommer sous quelques semaines, déguster pur sur glace ou en cocktails classiques avec gin, whisky ou rhum
Je me souviens encore de ma première rencontre avec le vermouth artisanal lors d’une dégustation à Turin. Cette boisson complexe m’a immédiatement fasciné par sa richesse aromatique. Aujourd’hui, je souhaite vous partager cette passion en vous guidant à travers l’univers captivant de cet apéritif qui mérite toute votre attention.
Le vermouth n’est pas un spiritueux, contrairement à ce que beaucoup pensent. Il s’agit d’un vin fortifié avec une eau-de-vie, puis sublimé par l’ajout de plantes aromatiques, d’écorces, de graines et de zestes d’agrumes. Cette composition unique lui confère une personnalité bien distincte.
Qu’est-ce que le vermouth exactement
Une composition aux multiples facettes
Je vous explique : cette boisson titre généralement entre 14,5 et 22% d’alcool, avec des variations courantes oscillant entre 15 et 20%. Sa base de vin est enrichie par une macération de plantes soigneusement sélectionnées. Parmi la centaine d’aromates possibles, vous retrouverez la coriandre, l’orange amère, l’angélique, le clou de girofle ou encore la cannelle.
La teneur en sucre varie considérablement selon les types. Cette variation permet de créer des profils gustatifs radicalement différents. D’ailleurs, c’est précisément cette diversité qui rend la dégustation si passionnante.
Les différentes catégories à connaître
Je vous présente les trois grandes familles. Le type Extra Dry affiche une couleur paille avec moins de 40 g de sucre par litre. Le Bianco, de couleur dorée, oscille entre 100 et 150 g de sucre. Enfin, le Rosso, de teinte ambrée grâce au caramel, contient au moins 150 g de sucre par litre.
| Type | Couleur | Taux d’alcool | Sucre (g/L) |
|---|---|---|---|
| Extra Dry | Blanc ou paille | 18-20% | 40 g |
| Bianco | Or | ~16% | 100-150 g |
| Rosso | Ambrée | 15-17% | ≥ 150 g |
Les appellations protégées
Certaines régions bénéficient d’une protection particulière. Le vermouth de Chambéry ne peut être produit qu’en Savoie. Celui de Turin est exclusivement élaboré dans le Piémont. Ces appellations d’origine contrôlée garantissent un savoir-faire ancestral et une qualité irréprochable.
L’histoire fascinante de cet apéritif mythique
La naissance à Turin en 1786
Je vous raconte une belle histoire. L’appellation serait née grâce à Antonio Benedetto Carpano qui s’inspira d’une recette allemande composée de vin et de Wermut (absinthe). Cette création marqua le début d’une aventure extraordinaire. Turin devint rapidement la capitale de cette boisson raffinée.
En 1831, le sacre du roi Carlo Alberto transforma véritablement la ville. L’heure de l’aperitivo devint une institution incontournable. Une véritable aristocratie de fabricants se développa, donnant naissance à des dynasties familiales prestigieuses.
L’expansion vers la France et les États-Unis
Joseph Noilly introduisit sa recette sèche en France dès 1813. Sa production, élaborée à partir de vins blancs du Languedoc, connut un succès remarquable. Je trouve intriguant qu’en 1844, la première commande ait déjà traversé l’Atlantique vers la Nouvelle-Orléans.
Joseph Chavasse développa son propre style à Chambéry en 1821. Sa marque Dolin obtint la première AOC en 1932. Il innova également en créant le premier vermouth blanc et la fameuse Chamberyzette, aromatisée à la fraise. Cette créativité française enrichit considérablement la palette aromatique disponible.
L’expansion américaine devint stratégique pour les producteurs. Les exportations massives vers les États-Unis déclenchèrent une véritable conquête commerciale. D’ailleurs, ce marché contribua largement à la renommée internationale de ce produit, rivalisant parfois avec les leaders mondiaux des vins et spiritueux.
Les secrets de fabrication révélés
La sélection minutieuse du vin
Je vous dévoile les coulisses de la production. Tout commence par le choix du vin, déterminant pour la qualité finale. Les producteurs privilégient des vins neutres aromatiquement, avec une faible teneur en alcool. En France, les cépages du Gers dominent : Clairette, Colombard, Picquepoul, Ugni Blanc et Muscat.
Le vin blanc sélectionné vieillit durant 2 ou 3 ans avant d’être fortifié à 18%. Cette étape cruciale utilise de l’alcool ou de la mistelle. Même pour obtenir un Rosso, on part toujours d’une base de vin blanc.
L’art de l’aromatisation
Voici les étapes clés de cette transformation magique :
- La sélection des aromates : jusqu’à 30 ingrédients différents peuvent composer une recette unique
- L’extraction des arômes : par macération, infusion ou distillation selon les traditions
- Le mariage des saveurs : un brassage minutieux intègre tous les éléments harmonieusement
- Le repos en fût : une période de 5 à 6 mois permet l’oxydation contrôlée et l’affinage
Mes conseils pour apprécier pleinement cette merveille
Conservation et service appropriés
Je vous recommande vivement de conserver vos bouteilles fermées en position verticale. Une fois ouvertes, placez-les immédiatement au réfrigérateur. L’oxygène représente le principal ennemi de cette boisson délicate. Le froid ralentit considérablement l’oxydation des arômes subtils.
Consommez vos bouteilles ouvertes dans les quelques semaines suivantes. Cette précaution garantit une expérience gustative optimale. J’insiste particulièrement sur ce point car j’ai malheureusement vu trop de flacons perdre leur magie faute de conservation adéquate.
Les associations parfaites
Le vermouth se marie merveilleusement avec de nombreux spiritueux. Avec le gin, il crée une harmonie aromatique naturelle grâce aux épices communes. Le whisky lui apporte sa puissance boisée dans le célèbre Manhattan. Le rhum cubain compose l’élégant El Presidente, tandis que le cognac équilibre le raffiné Métropole.
Je vous suggère de déguster pur sur glace pour découvrir toute la complexité. Allongez-le d’eau pétillante pour une version rafraîchissante. Les cocktails classiques révèlent également des facettes insoupçonnées de cette boisson fascinante qui continue de m’émerveiller après toutes ces années de pratique œnologique.
Sources externes : vinoclub du vin et wiki du vin

